Chant-Libre investit Saint-Bonnet-en-Champsaur

Tôt le matin, heureuses prémices, nous voyons surgir au point de ralliement un luxueux autocar qui avale sans sourciller notre attirail, sacs, valises, piano, pupitres, coffrets de vin, triplettes, dans ses soutes tandis que ses fauteuils Pullman absorbent avec courtoisie nos diverses corpulences. Le Maitre des lieux, aimable chauffeur expérimenté, se présente, nous souhaite la bienvenue, nous informe de sa gestion avisée des pauses-pipi et de sa conduite des plus douces. C’est parti, la vue s’avère jolie du haut du car, on peut étendre ses jambes, c’est pas bien loin, on y sera pour midi…

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Notre arrivée dans notre jolie colonie de vacances (Merci Papa Gunter, merci Maman Cécile) nous rajeunit et nous ébaudit. Le repérage de nos couchages confirme nos réminiscences juvéniles ! Différant une éventuelle bataille de polochons et désirant fêter ces ’’retrouvailles’’ inattendues, nous dévalons dans le réfectoire et nous octroyons au petit rosé bien frais la joie de ce rafraichissement de nos existences.

Le repas tout sourire donne toute sa place au Tourton du Champsaur qui n’a pas son égal pour éclaircir la voix. Par contre, l’absence remarquée au dessert de la classique Tarte aux myrtilles du Champsaur serait cause d’enrouement des basses…

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Nous nous projetons dès lors dans le parc pour siroter néanmoins un café en papotant de tout et de rien. Les filles s’apprêtent, testent leurs voix, leurs jeux, leurs atours sous le Mandala dans la petite chapelle de l’Aullagnier. Une escouade de Choristes , ayant hâte de se dégourdir, part faire sans détour le tour du lac tout proche.

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Les férus de pétanque s’adonnent avec acharnement et possible diatribe à leur innocente addiction sur le terrain de boules aménagé sur ses terres par Gunter.

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La visite au musée local de Pont du Fossé, contigu d’ une maison paysanne préservée, plonge les participants dans un passé rural montagnard laissant rêveur… Une incursion à la distillerie permet à tout un chacun de se remémorer ses essais comparatifs de différentes gnoles et de les confronter à la puissance fruitée d’un Génépi authentique sans pour autant flageoler sur ses guiboles ni s‘envoyer des torgnoles.

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L’attente de l’ouverture des concerts en la petite chapelle se fait assis sur l’unique banc à palabres pour les anciens, sur la margelle d’un avenant lavoir pour les plus jeunes, contents de bénéficier de la fraicheur d’une fontaine de jouvence à proximité de la pénombre d’un four pas si ‘’banal’’ que ça avec son nid d’hirondelles qui ne fait pas le printemps.

Un fauteuil roulant vacant fait le bonheur d’un jeune homme ne pouvant pénétrer dans la chapelle exiguë, bondée de par l‘afflux des gentils villageois alléchés par la belle affiche.

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Un enfant, mélomane en herbe, intrigué par cet engouement, glisse son regard par le porche et ouvre bien grand ses oreilles.

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Notre duo vedette de soprani met d’emblée la barre très haut et affiche sa complicité lyrique avec une sensibilité peu commune tout le long de son récital des plus recherchés.

Puis le bel ensemble Améo s’impose, a capella obligé, comme l’un des meilleurs à cette altitude et sous cette latitude haute alpine. C’est le groupe phare faisant la fierté du Maitre ! Ensuite, quatre divines personnes prouvent qu’un quintet de vocalistes motivées et douées, distillant un séduisant répertoire, peut se ré-agencer sans coup férir en quatuor en cas de défection d‘une cinquième voix. Le public conquis, n’en croyant pas ses oreilles, touchant du doigt le bois des prie-Dieu, en redemande.

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L’enthousiasme contagieux déborde sur la petite esplanade où des remontants sont prévus. Très attendu, le punch d’honneur réunit artistes et public partageant libations, satisfactions, collations, congratulations. Un chat et des tourterelles participent à la cohésion de cet heureux écosystème artistique.

Après le sage souper, une folle envie de bouger, voire de danser, nous conduit, entassés dans des navettes, sous la houlette de moniteurs débonnaires, à un balletti trad aux sons des accordéons, violons, flutes et tambourins … Là encore, bonheur complet et rencontres mémorables ! Mais, il faut savoir rentrer au bercail  à une heure raisonnable !

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La nature omniprésente en ces lieux bénis des dieux nous convie en une ballade en corniche et sous-bois le lendemain matin à Chaillol, où nous dominons un superbe panorama, sans oublier de saluer au passage les marmottes sous contrat assurant leurs fonctions et factions touristiques.

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Même les toutous sont de la partie faisant bon ménage avec la flore et la faune.

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A midi, le pique-nique, barbecue, taboulé et patates,  replié aux approches de la résidence du fait des menaces d’orage est bien vécu. Puis détente, récréation, siestes réparatrices d’insomnies ronflantes, parties de cartes, cet intermède libre est bien venu.

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Le grand concert de la Chorale plénière en l’église de Saint-Bonnet est imminent. La tension monte, les messieurs trépignent, les dames se préparent, adoptant pour certaines, la posture des filles du Bureau, en  sombre uniforme strict, trop belles !

Retrouvailles chaleureuses avec des choristes venant compléter les effectifs, échauffements progressifs, réglages des entrées en scène et des derniers détails vocaux par le Chef, singé par une théâtreuse de ses amis, le trac se troque en assurance sereine.

Le Concert ne fait pas un pli, le public est conquis, le Chef est ravi.

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Mission accomplie, nous l’avons fait et bien fait. Les Ladies sont radieuses, les messieurs euphoriques, la beauté issue du Choeur et des cœurs s’arbore sur les visages.

L’autocar attendra pour nous ramener, plus ou moins assoupis, à bon port, qu’un dernier pot convivial réquisitionne toutes les tables et les chaises de la terrasse du café de la place. Meyreuil rassuré retrouve sa Chorale, ayant craint un instant qu’elle se donne, enamourée, à ce beau Champsaur qui lui a si bien ouvert ses bras.

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Jean-Pierre Barré

Texte librement établi d’après les vécus et les reportages photographiques de Régine, Anne-Claude, Josiane, Bruno et bien d’autres Choristes aux regards pertinents.

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